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 Lettre au paradis

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Nanoyo
Super Sayanoob
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Nombre de messages : 2002
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Date d'inscription : 03/05/2006

MessageSujet: Lettre au paradis   Jeu 29 Mar à 4:00

Maintenant un autre texte que j'ai écrit plus récemment et cette fois très sérieusement (il date d'octobre 2006)

Edit et note : je rappelle que la mise en page avec des espaces très
larges n'est pas de ma faute. Il s'agit d'une police et d'une marge
d'espacement différente sur le forum que sur mon fichier word ;)

====

1. La haine

Un jet de peinture rouge fuse dans l’air et atterrit violemment sur une toile blanche, s’ensuit une autre éclaboussure de peinture jaune cette fois. Le bras qui tenait le pinceau frotta le front suant et le baptisa au passage d’une trainée de peinture rouge. Les yeux verts fixaient la toile avec un air presque dégoûté, comme s’il s’agissait de la personne la plus excécrable qui soit. Le nez qui coule un peu, la bouche entrouverte qui respire avec force... C’était ainsi qu’aimait peindre Frédéric. Dans les couleurs, il voyait une émotion qu’il faisait ressentir dans la force qu’il mettait pour l’appliquer sur la toile. Tantôt venait-il à titiller la toile avec son pinceau enduit de peinture bleue, exprimant le calme et la légèreté, puis prenait-il violemment le pinceau dégoulinant de peinture rouge qu’il jetait contre la toile ou dont il projetait la peinture en traînée éclaboussée pour exprimer toute sa colère et sa haine.
Sur la deuxième toile qu’il venait de commencer ce soir, on peut aisément comprendre qu’il n’exprime que la violence, la haine et le dégoût. Le vert dégoulinant, le rouge éclaboussant, le mystère restait pourtant sur la raison de ce mépris, il était le seul à connaître le sujet réel de la toile blanche qu’il comblait de couleurs.
Dans ce cas-ci, il avait mis sa toile non-loin d’une fenêtre donnant vue sur la ville, la route, ... On pourrait donc supposer d’une haine contre la civilisation rien qu’au regard qu’il portait tant à la toile qu’à la fenêtre. Une haine très profondément ancrée en lui car elle remonte au jour où il avait dû quitter la campagne pour rejoindre la ville, l’un des plus mauvais instants de son existance encore jeune.

Frédéric a 19 ans, et même s’il aime peindre, il ne s’en sent pas pour autant artiste et cherche à s’exprimer par la peinture plutôt qu’en faire sa vie. Cela faisait 2 ans qu’il s’était lancé dans des études en Histoire de l’Art, il avait raté sa première année et était donc en train de la recommencer. Il comptait bien ne pas échouer comme précédemment, il était conscient que ses nombreuses sorties, ses aventures, et ses gueules de bois à répétition l’y avaient mené. Pour autant qu’il le sache, il préférait continuer à s’amuser tout en étudiant qu’à se cloîtrer chez lui avec les yeux rivés sur des textes de plusieurs centaines de pages.

Il n’avait jamais réellement été travailleur et n’avait pourtant jamais échoué jusqu’alors, cet echec l’avait secoué terriblement, il n’allait pas se laisser aller dans une dépression ou dans une quelconque expression du dégoût qu’il avait de lui à cet instant-là. Il s’était alors laissé bousculer par cet echec et comptait bien réagir, mais sa réaction n’eut pas vraiment d’effets bénéfiques car il ne parvenait pas à se donner des priorités. Pour lui, le mot étudier symbolisait beaucoup de temps perdu qu’il préféra alors dépenser dans des rencontres plus nombreuses et dans la peinture.

- Tu sais Fred, tu devrais un peu plus travailler... Tu devrais concentrer toute cette énergie que tu dépenses inutilement...
- Inutilement ? Tu veux dire que ce que je fais ne m’apportera pas d’utilité ? Mais toute chose m’est utile !
Amandine, son amie, secoua la tête et le regarda fixemment.
- Te rends-tu compte que tu ne crois pas en ce que tu viens de dire ? C’est une réaction puérile...
Frédéric sembla alors se fermer à toutes écoutes en affichant un sourire niais, c’était comme s’il voulait cacher sa véritable personnalité derrière ce sourire.
- Ma petite didine...
- M’appelle pas comme ca ! elle prit son air renfrogné qu’il trouvait adorable.
- Tu me connais bien... Et tu sais donc que si je pouvais concentrer mes pensées sur mes études, je l’aurais déjà fait... Mais je n’y arrive simplement pas, je suis un abruti qui se conforte dans sa parresse et qui en vit bien...
- Tu n’en vis pas bien, cesse de me mentir...
Il porta sa main doucement sur le visage d’Amandine et lui carressa la joue tendrement.
- J’ai du travail Fred... Tu devrais t’y mettre toi aussi.
Elle lui fit un léger baiser sur la joue et en lui sussurant à l’oreille quelques mots à l’oreille
- Arrête de subir...
Puis elle s’éloigna dans la ruelle étroite où ils se trouvaient. Ses cheveux châtains flottaient sauvagement dans le vent frais du mois de novembre. Lui par contre la regardait partir avec un profond remord qu’il ne comprenait pas.
Il le savait pourtant, Amandine était une amie très proche, mais c’en restait une amie uniquement. Maintenant qu’elle était sortie de son champ de vision, il regarda autour de lui comme s’il découvrait pour la première fois ce qui l’entourait.

Il aurait tant voulu devenir quelqu’un d’incroyable, d’extraordinaire, mais il ne parvenait pas à se focaliser sur ce qu’il faisait sauf quand il peignait. En peignant, il sentait toutes ses pensées et ses pulsions rivées sur ce seul et unique sujet qu’était la toile.
La haine qu’il y exprimait ne s’adressait pas qu’à ce monde froid et gris qu’on lui avait mis sous les pieds, ce monde de Novembre réputé pour son influence déprimante, pour son temps le moins ensoleillé... Sa haine s’adressait aussi et surtout à lui-même, à toutes ses pensées qui l’embrouillaient constamment et l’empêchaient de pouvoir exécuter ce qu’il promettait, ce qu’il se donnait comme objectif.

Tantôt disait-il qu’il allait se mettre à travailler, mais en réalité il se mettrait au travail que dans l’urgence, qu’a l’instant ou la peur et le danger le focaliseraient sur ce qu’il doit atteindre.
Puis, comme dans un sursaut de lucidité, il se rendit compte qu’il se trouvait au milieu de la rue, immobile, et bloquant la circulation. Il s’empressa donc de s’en dégager pour rejoindre le trottoir sous les klaxons et les jurons d’un chauffeur pressé.
Il aurait aimé ne jamais avoir eu affaire à cet environnement qu’on appellait la ville. Il y perdait tout sens du temps et tout sens de l’humanité. Tout ici lui donnait l’impression que le monde ne cherchait qu’à l’engloutir. Son véritable réconfort était dans la recherche de rencontrer d’autres personnes, en particulier du sexe féminin, et qui le soulagerait de ses craintes envers le côté malsain de l’humain.

Il marchait d’un pas rapide pour rejoindre son appartement. Il s’y cloitrait sûrement dans l’espoir de prendre ses cours et de les étudier, mais en réalité il sait qu’il se contentera de passer le temps en regardant des émissions de télé-réalités qui le soulagent en lui vidant les pensées.
En fait, sa paresse était telle que même l’idée de se décoller du fauteuil pour aller dormir était difficile. Peindre était aussi un acte pénible à éxécuter, mais il savait bien que quand le besoin s’en ferait ressentir, il ne saurait pas s’empêcher de retrouver ses toiles et de s’y déchaîner.
Il n’avait pourtant pas toujours été un parresseux aussi excéssif. Mais comme pour toute chose, c’étaient des périodes qui passaient vite mais qui surprenaient toujours l’entourage. Frédéric était généralement percu comme quelqu’un de normal à l’esprit simple et qui recherchait constamment à atteindre la non-action totale.
En fait, cet état de parresse n’était que le résultat d’une succession de conséquences. Tout cela remontait en fait à une époque de son enfance où il avait dû quitter son paradis coloré et merveilleux pour rejoindre cet enfer gris et imposant.

En effet, il n’avait pas toujours vécu dans cette ville, auparavant il vivait chez sa mère à Bruxelles, mais bien plus anciennement, dans sa petite enfance, il avait vécu en campagne. Il aimait beaucoup parler de la campagne de ses 6 ans, et évitait soigneusement d’aborder le sujet de ses 7 ans.
A 6 ans, c’était un monde vu par les yeux d’un enfant. Un monde de couleur, de magie et de jeu, tout pour Frédéric était un jeu, la vie était un jeu, et il prenait grand plaisir à jouer. On aurait pu parler de lui comme d’un enfant surdoué, mais en fait c’étaient sa capacité à apprendre qui était phénoménale. Toute l’énergie dont débordait cet enfant parvenait à être canalysée vers l’unique objectif qu’il s’était donné étant petit.

- Plus tard, je serais un grand chercheur !
Les sciences vues par les yeux de cet enfant n’étaient pas des sciences de mathématiques mais des sciences de magie et de jeux. Il avait encore les cheveux châtains clair à cette époque et des yeux bleus-verts. Plus comme maintenant. On dirait que son pasage de campagne à la ville l’avait assombri intérieurement et extérieurement. De châtains clairs ses cheveux étaient devenus bruns foncés et ses yeux viraient au vert foncé, voir même parfois au vert gris.

Frédéric avait donc 6 ans, était plein d’espoir et de rêves d’enfants, et surtout, il venait d’entrer dans l’école des grands. C’était la rentrée et les deux seules personnes qu’il connaissait dans sa classe était son voisin Henri avec qui il jouait chaque soir dans les champs et une amie de maternelle avec qui il se bagarrait souvent.
Henri était un fils de fermier dont la femme était morte l’an dernier. Quand quelqu’un demandait à Henri ce que sa mère faisait, il prenait un air tendre en baissant un peu les yeux et répondait qu’elle s’était envolée. Jacques, le père d’Henri, avait tenu à ce que son fils comprenne bien que sa mère était morte et ce qu’était la mort. On ne sait pas vraiment si Henri l’a compris, mais il semblait avoir réalisé que toutes choses peut se terminer un jour. Henri était l’aîné dans sa famille, il avait une petite soeur et jouait souvent avec pour la faire sourire tout le temps. Sa petite soeur n’avait que 2 ans quand sa mère est morte et ne pouvait donc pas encore réaliser qu’elle l’avait perdue.

On raconte que Jacques ne savait pas lire et que pour cette raison il avait envoyé ses enfants à l’école. C’était possible, mais difficile à croire vu les calculs et les connaissances que nécessitaient son travail.
Frédéric ne comprenait pas ce que voulait dire Henri quand il parlait de sa mère de la sorte. Pourtant Henri avait bien tenté plusieurs fois de lui expliquer.
L’amie d’enfance de Frédéric s’appellait Marie. Tâches de rousseurs, cheveux d’un roux flamboyants, sourire angélique, mais derrière cette jolie petite fille au regard d’ange se cachait une terrible peste aux griffes acérées. Quand Frédéric et Marie parlaient ensemble, c’était de tout.


[...]
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Meltein
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MessageSujet: Re: Lettre au paradis   Jeu 29 Mar à 20:10

Vraiment, je sens un peu de ta vie nano, dans tes textes...

Je suppose que c'est une bonne source d'inspiration :3

Ton style s'affine, effectivement, j'apprécie beaucoup ta manière de tourner certaines phrases ^_^

Continue mon vieux :3
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